Kinego

Il y a 5 ans de cela, mon ami Raf se mariait et organisait pour l’occasion une grande réunion de Tziganes, Gitans, Manouches et autres Romanichels, que nous fûmes le temps d’une journée.

Pour l’occasion, j’avais créé un petit jeu de société d’exterieur, sur la base du Stratego : un jeu moitié stratégie, moitié jeu de rôle, moitié jeu à boire (oui, ca fait beaucoup de moitiés), appelé Kinego.

Il serait dommage que d’autres n’en profitent pas, alors n’hésitez pas à réutiliser ces règles du jeu. « iiish »


KINEGO

Les gens de la route sont regroupés en 4 familles (au choix des joueurs) :

Gitans         ♠
Manouches        
Romanichels        
Tziganes                 ♣

Une fois les familles constituées, chaque participant se voit attribuer un rang (au choix, hasard, demande…), à l’abri du regard et des oreilles adverses : le secret de son rang est vital ! A chaque grade correspond une carte de tarot, remise au joueur, à conserver précieusement sur soi :

Rang carte tarot nb. de vies
Kinego (Roi) Roi 1
Bengli (Sorcière) Reine 1
Lurdo (Soldat) Cavalier 1
Corobaskro (Voleur) Valet 1
Desh (Dix) 10 1
Enja (Neuf) 9 2
Oxto (Huit) 8 2
Efta (Sept) 7 2
Shov (Six) 6 2
Panj (Cinq) 5 3
Shtar (Quatre) 4 3
Trin (Trois) 3 3
Duy (Deux) 2 3
Jakh (Oeil) 1 3

Chaque rang bat tous le autres rangs inférieurs, exception faite pour
le Kinego qui est battu par le Jakh !

Le but est d’éliminer le Kinego des 3 familles adverses.

CONFLIT

Un joueur peut entrer en conflit avec n’importe quel autre joueur, en l’abordant et en lui demandant : « Rom, qui es-tu vraiment ? ». Les 2 joueurs comparent leurs cartes, et le plus fort retire une vie à l’autre: pour ce faire, ils se rendent au bar où le barman marquera la carte du perdant du symbole de la famille du gagnant  (♠♥♦♣).

Le perdant devra par ailleurs s’acquitter du xacedi : boire un verre pour se remettre de sa défaite !

En cas d’égalité, rien ne se passe, les 2 joueurs repartent sains et saufs.

Moins on est gradé, plus on a de vies (3 maximum). Une même famille adverse ne peut vous retirer plus d’une vie. Ex : Si vous avez 3 vies, il faudra que les 3 familles adverses vous éliminent successivement !

Lorsqu’un joueur n’a plus de vie, il sort du jeu : il rend sa carte au barman et ne devra plus interagir dans le cadre du jeu.

F.A.Q.

  1. Que faire en cas de conflit multiple?

Si un conflit implique plusieurs joueurs, on applique la tradition du « combat des chefs » : les participants désignent un « chef » par famille parmi les personnes présentes engagées dans le conflit. (On ne va pas chercher un membre de sa famille qui n’était pas initialement présent). Le chef désigné n’est pas nécessairement le plus puissant.  Les 2 chefs s’affrontent seul à seul. Les autres ne s’affrontent pas.

Si plusieurs familles sont présentes dans un conflit multiple, un « chef » est désigné pour chaque famille et la résolution est simultanée.

  1. Peut-on boire aussi quand on gagne un conflit ?
    Oui, c’est même recommandé, par respect pour son adversaire, selon les Traditions Bohémiennes.
  2. Peut-on boire aussi en cas d’égalité ?
    Oui, c’est même recommandé, par respect pour son adversaire, selon les Traditions Bohémiennes.

C’est finalement assez dingue quand on y pense…

image

Je suis enfermé dans une boîte en métal hermétique de plusieurs tonnes, qui se propulse à 800 km/h à 10000 mètres du sol grâce à l’explosion de matière fossile créée durant des millions d’années par la décomposition de créatures qui n’existent plus aujourd’hui, puis raffinée par le biais de réactions chimiques extrêmement complexes.
Je déjeune une soupe indienne préparée en Inde, accompagnée d’un vin Australien, lui même probablement vieilli en fûts de chênes Français.
Je peux suivre ma position grâce à d’autres boîtes de métal envoyées dans l’espace qui communiquent avec nous via la propagation de vaguelettes électromagnétiques que personne n’a jamais vu de ses yeux.
J’écris tout cela sur un appareil fabriqué en Chine dont la technologie dépasse de très loin celle qui nous a permis de nous rendre sur la lune…
C’est finalement assez dingue quand on y pense…

Les témoins de Gilles de Gennes

Tous les dimanches, je croise au marché le petit stand des témoins de Jéhovah qui distribuent leur torchon revue « la tour de garde« . De même, je trouve régulièrement à la sortie de ma station de métro leurs homologues catholiques distribuant « la voix de Dieu » ou « les derniers temps« … je ne sais plus bien… ne m’en voulez pas si je ne les ai pas pris.
Je trouve particulièrement fourbe un tel prosélytisme à l’encontre de la plèbe mal réveillée et abrutie par les transports en commun, mais soit, c’est de bonne guère : on cible là où il y a une faiblesse.

Ce matin, en allant déposer mes enfants à l’école, je les ai vus de loin, et mon sang n’a fait qu’un tour en réalisant qu’ils tractaient devant l’établissement public de mon fils ! Deux hommes propres sur eux, souriants et affables, distribuant leurs prospectus, déversant leur bonne parole aux parents qui venaient de lâcher leur progéniture.
Ni une, ni deux, (ni trois d’ailleurs), je décide de faire front et me dirige vers le prêcheur. Je fourbis mes plus beaux arguments laïcs et prends son tract pour amorcer le débat. Et là, c’est le choc !
Point de bigoterie ni de croyances mystiques ! Ces braves hommes prodiguaient de la science ! Ils distribuaient « le petit journal des scientifiques« ,  journal gratuit de l’association « fête le savoir« , et nous invitaient, enfants et adultes, à une journée scientifique et ludique avec conférences et ateliers pour les petits et grands.
Une Messe dans laquelle je me retrouve : œcuménique, mais surtout cartésienne et embrassant pourtant le doute et la remise en cause de ses propres croyances comme unique moteur d’évolution intellectuelle.

Bravo messieurs ! Vous pourrez même compter sur moi pour tracter avec vous !

image

Détails de la Messe : samedi 18 avril 2015, à partir de 13h45 à l’espace Daniel Sorano – 16 rue Charles Pathé, Vincennes.

www.fetelesavoir.com (attention, le site pique un peu les yeux…)

La nuit des temps

Tout comme « le bon, la brute et le truand« , « La Nuit des temps » de Barjavel faisait partie des lacunes culturelles qu’il me fallait combler au plus vite, ne serait-ce que par curiosité.

Ô comme j’ai bien fait ! Que c’était bien ! D’autant que je ne m’attendais à rien ou pas grand chose). Pas de spoil ici mes bons amis, mais quelle découverte que ce roman écrit en 1968 ! De la science, de l’anticipation, de la philosophie : Je l’ai dévoré ! (ce qui signifie 2 semaines selon mes standards de vitesse de lecture…).

Alors si vous étiez vous aussi passés à coté, n’hésitez plus !

4ème de couverture :

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? "La nuit des temps", c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

AKIRA, c’est beau, c’est culte, et c’est récompensé !

ENFIN !

Comme le souligne cet article du Monde, je suis heureux que ces 42 ans d’injustice soient ENFIN réparées. Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a en effet attribué cette année son Grand Prix à son premier auteur Japonais : Katsuhiro Otomo pour l’ensemble de son œuvre.

Outre la corrélation légitime au succès commercial des mangas (1 500 mangas japonais traduits chaque année en français, soit 37 % de l’ensemble des sorties annuelles de BD!), cette récompense c’est surtout la reconnaissance de l’immense talent de Katsuhiro Otomo, à commencer par son Oeuvre Magistrale : AKIRA.

AKIRA, c’est le symbole de mes années lycée, la découverte avec mes potes Fabien et Romain d’un manga violent et sombre, une énorme claque bien loin des productions grand public à l’imagerie niaise longtemps propagées par le sans vergogne Club Dorothée…

AKIRA, c’est une énorme saga : plus de 2000 pages publiées pendant 7 ans au Japon. C’est complexe et c’est beau. C’est à la fois de l’anticipation, de la science fiction, du futur qui n’en est bientôt plus un (Neo-Tokyo c’est 2019…), du post-apocalyptique, de la drogue, des pouvoirs psychiques, des héros qui ne comprennent rien et qui subissent le destin, de la fatalité et de la tristesse.

AKIRA, c’est aussi une métaphore : l’enfant, celle de la bombe atomique d’Hiroshima ; Neo-Tokyo, celle du Japon en reconstruction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.L’oeuvre entière est une véritable psychanalyse du traumatisme de la société japonaise devant cette démonstration de puissance américaine et l’occupation du pays au lendemain de sa défaite.

otomo-2

 

AKIRA, c’est beau, c’est culte, ca forge une adolescence…

Je n’ai rien à cacher ! (en fait si…)

Voulez-vous bien indiquer votre login et mot de passe Facebook en commentaire svp ? Je suis très sérieux. Promis, je ne ferai rien de mal, seulement lire.

Je suis très sérieux… et pourtant j’ai peu d’espoir que quiconque accède à ma demande de son plein gré… et cela me semble une réaction acceptable, saine, logique. Car même si vous êtes mon ami ou mon frère, vous n’avez pas à me livrer ces informations quand bien même vous auriez en moi une confiance absolue. Nous avons tous une vie privée, une intimité salutaire faite de pensées, de croyances, de convictions, d’idées et de projets qui nous rendent uniques. La vie privée est un besoin fondamental de l’être humain.

Je pourrais écrire des pages et des pages à propos de la vie privée numérique, et les différents moyens de la préserver… et je le ferai certainement ici-même tant les sujets sont tout aussi nombreux que préoccupants : La neutralité du net, la censure du net, la vie privée et les données personnelles, etc.

Pour l’instant je souhaitais simplement vous sensibiliser au postulat fondamental : la nécessité du droit à la vie privée. Qu’il est aisé de le minimiser, de l’ignorer, de le balayer, ce droit fondamental. Mea Culpa, moi le premier j’ai longtemps servi la fameuse réplique « Je m’en fous d’être surveillé, je n’ai rien à cacher, ma vie n’est pas intéressante« … et puis j’ai changé d’avis…
C’est Glenn Greenwald, le journaliste qui a révélé l’affaire Snowden, qui m’a ouvert les yeux lors de sa récente conférence TED « Why privacy matters » (que je vous invite chaudement à regarder). J’ai réalisé que répondre cela est un terrible auto-dénigrement qui revient à dire « J’ai accepté de devenir un être si insignifiant et si inoffensif que je ne crains pas que les gouvernements sachent tout de ce que je fais« . Or, c’est bien évidemment faux ; car tout dans notre quotidien prouve que nous mettons tout en place pour protéger notre vie privée, à commencer par ne pas donner notre login et mot de passe !

Les études psychologiques montrent que lorsque quelqu’un sait qu’il est surveillé, ses comportements deviennent alors beaucoup plus conformistes et dociles. La honte humaine est un puissant facteur de motivation. La surveillance de masse crée alors un carcan psychologique beaucoup plus subtil mais aussi beaucoup plus efficace que la force brute, via l’incitation aux normes sociales et aux standards orthodoxes. Et à ceux qui estiment que nous sommes encore loin du 1984 d’Orwell, sachez que ce dernier a souligné que le danger ne vient pas d’un état de surveillance permanent, mais d’un état où les gens sont conscients qu’ils peuvent être surveillés n’importe quand. Une société dans laquelle chacun peut être surveillé à tout moment est une société qui cultive le conformisme, la docilité et la soumission.

Je n’ai fondamentalement rien contre Facebook ni Google. Nous y mettons ce que nous souhaitons, sans contrainte. Nous choisissons de partager des moments de notre vie volontairement parce que nous sommes des êtres sociaux, et que nous avons besoin de nous confronter nos pensées et nos actes aux autres. Mais nous avons aussi besoin d’un espace personnel de liberté exempt du jugement des autres. La vie privée est un droit fondamental. Or, cet espace personnel, on nous le supprime jour après jour à coup de lois, et là ce n’est plus volontaire du tout ! Nous devons donc rester vigilants sur toutes ces lois qui sont en train de passer en douce et largement minimisées par ceux qui les proposent :

Chacun fait ce qu’il veut de sa vie publique, personne ne peut juger, en revanche, méfions nous de ce que d’autres pourrait juger de notre vie privée dès lors qu’ils y ont accès.

Comme l’écrivait Rosa Luxemburg : « Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. »


Sources et inspirations :